Lundis en commun #5 – Spécial Fearless Cites — Faire Commun.e.

Lundis en commun #5 – Spécial Fearless Cites — Faire Commun.e.
mai 07 16:23 2020

Lundi 27 avril 2020, 150 personnes se sont retrouvées dans le cadre des “Lundi en Commun” (habituellement organisés par Action Commune) pour une Édition spéciale “Fearless Cities” de ces conférences en ligne, cette fois-ci organisée par diverses organisations partenaires* dont le Mouvement Utopia.

Voici un retour sur les éléments échangés lors de cette soirée.

Atelier 1 : Féminisation de la politique et “care” : quels liens avec le municipalisme ?
Atelier 2 : Quels bilans et espoirs pour le municipalisme en France à l’issue des municipales de mars 2020 ?
Atelier 3 : Qu’est-ce que la crise nous apprend des forces, des faiblesses et défis du municipalisme ?

ATELIER 1 : Féminisation de la politique et “care” : quels liens avec le municipalisme ?

L’atelier a réuni 37 participants. Il fut l’occasion d’écouter les témoignages de Fanny Lacroix (maire de Châtel-en-Trièves en Isère) et Charlotte Marchandise (maire adjointe déléguée à la santé et l’environnement à Rennes) puis d’un temps d’échanges en sous-groupes entre participants.

Les termes “Care” (ou “Cuidados” en espagnol) et “Féminisation de la politique” sont particulièrement mis en avant par les plateformes municipalistes (notamment espagnoles), pour qui ces notions sont intrinsèquement liées au municipalisme. Cet atelier était l’occasion d’un éclairage, via les expériences des intervenantes et des participant-es sur la réalité vécue et les perceptions ou acceptions sur ces thèmes. Que signifie concrètement “dépatriarcaliser la politique” ? Quelles sont ces nouvelles façons de faire la politique qui mettent au centre la dimension du “Prendre soin”, du Care ou cuidados inspirées par l’écoféminisme ? Comment ces notions interrogent la qualité des relations dans une société ; des humains avec la nature ; à l’intérieur des organisations municipalistes et des personnes qui gèrent une municipalité ?

Les points essentiels :

1/ Des difficultés à être légitime en tant que femme en politique

  • Difficulté de s’exprimer, d’être écoutée et prise au sérieux en tant que femme en politique (comme dans d’autres secteurs) et il en résulte un phénomène d’autosabotage.
  • Souvent laisser davantage de place aux femmes se fait sous conditions et reste théorique.

2/ Difficultés à mettre au centre ces thématiques ce qui pénalise en premier lieu les femmes

  • Difficulté d’obtenir un interlocuteur qui comprenne l’écosystème du féminisme.
  • Au sein des collectifs, la charge de temps à donner à l’action et la charge mentale n’est pas prise en compte. Les femmes sont souvent les plus impactées par le manque de soin ou quand il y a des tensions et se désengagent souvent par manque de temps.

3/ Difficultés à faire évoluer pratiques et les postures, y compris dans un milieu “progressiste”

  • Incitation au virilisme (rigoler aux blagues sexistes, vouloir avoir le dernier mot dans les débats, jouer le jeu de la séduction et faussement écouter les autres pour s’entendre parler,…).
  • Au fil du temps, cela transforme les femmes qui, pour exister dans ces espaces, adoptent les mêmes attitudes en contradiction avec leur personnalité.
  • Même au sein des collectifs qui ont instauré la parité, cela n’a pas toujours été suffisant avec l’arrivée par exemple dans une liste d’habitués de la politique, ce qui a généré une fracture (le fonctionnement coopératif centré sur l’émotionnel se heurte aux codes habituels de la politique).

4/ Les femmes peuvent avoir une contribution particulière

> Les femmes novices en politique apportent des sujets qui ouvrent des pensées différentes que celles qui prévalent (action sociale, éducation, solidarité, entraide, écoute..) et peuvent avoir un côté moins “gestionnaire” que les hommes.

> Les femmes élues peuvent développer des capacités à rassembler la population, les questions de bien-être du groupe sont aussi souvent initiées par les femmes. Les femmes vont plus vite réussir à créer une équipe et ont plus fréquemment une sensibilité par rapport à l’intérêt général.

Des pistes de solutions pour y répondre (non exhaustif)

Faire évoluer la politique et la vision que l’on en a

  • Faire évoluer le langage pour changer nos imaginaires : délaisser le terme “Féminisation de la politique”, potentiellement réducteur au seul enjeu des femmes en politique et opter pour le terme “Dépatriarchalisation” ; arrêter les métaphores guerrières et conquérantes autour de la politique.
  • Changer le regard sur la définition du leader politique (cesser de croire à l’homme providentiel, faire “avec” plutôt que “contre”, que l’élu soit le garant de l’émancipation de tou.te.s).
  • Amener de l’humilité en politique (on n’est pas “au dessus” de la mêlée, amener le droit de se tromper, être davantage dans le ressenti et l’écoute).

Favoriser l’éducation des hommes et des femmes, favoriser les changements de regards et la transformation individuelle

  • Oser prendre sa place : se lancer, arrêter d’attendre qu’on vienne nous chercher / donner l’autorisation, apprendre à prendre la parole, se libérer de la charge mentale et travailler l’équilibre vie publique / vie privée.
  • Favoriser la prise de conscience par les hommes de la place qu’ils prennent.

De nouvelles pratiques pour nos collectifs
Des dispositifs généraux pour le collectif :

  • Identifier et écrire les règles, les valeurs communes d’un groupe et les méthodes associées pour permettre à chacun.e de trouver sa place, de s’exprimer, d’être écouté.e. Par exemple, partir de la question : “Comment imaginer un monde sans exclu.e.s ? » et inclure ces éléments dans une charte éthique du collectif.
  • Rendre visible (notamment par l’éducation, l’art, la culture et les échanges) la richesse des différences, pour permettre l’émergence d’un modèle plus respectueux et plus inclusif de l’humain.

Des outils pour la gestion du temps de parole :

  • Développer des codes gestuels et des règles de fonctionnement sécurisantes : Chronométrer la réunion, ne pas se couper la parole, se donner le temps de parler et respecter les silences.
  • Utiliser les outils de la démocratie participative comme par exemple l’élection sans candidat.
  • En plus des outils de bases de partage de la parole, avoir également des observateur-ices qui analysent les prises de parole.
  • Avoir pour réflexe de systématiquement citer la ou les femmes qui sont à l’origine d’une idée pour éviter le “mansplanning”

Construire des espaces de paroles :

  • Construire des espaces pour discuter du Care avec les personnes sensibles et inviter des personnes loin de ce sujet pour conscientiser tout le monde (formations).
  • Développer des réseaux de solidarité et des espaces de dialogue sécurisants (mixtes ou non mixtes) pour éviter l’isolement des femmes et pour déconstruire les comportements masculinistes.

Des règles pratiques pour plus de Care dans nos collectifs :

  • Construire et illustrer le Care par des exemples et des pratiques concrètes (ex: entretien des salles)
  • Lancer des temps d’échanges sur ces sujets pour provoquer une prise de conscience graduée
  • Visibiliser par des règles et des outils les limites individuelles et les freins nécessaires pour éviter que le militantisme soit trop prenant et fatiguant.
  • Développer des dispositifs d’accueil permettant aux femmes de se libérer des charges qu’elles ont en plus (ex: pour la garde d’enfants)
  • Pour éviter de s’enfermer dans des rôles, nommer un facilitateur tournant des réunions.

Des pistes pour nos municipalités

  • La présence de plusieurs femmes dans un conseil municipal et mettre une femme en tête de liste.
  • Organiser le partage des indemnités, faire évoluer le statut d’élu.e local.e notamment concernant les indemnités en les attribuant selon la situation de la personne.
  • Associer des animateurs extérieurs pour la gestion des réunions, notamment car l’opposition est toujours mal vue lorsqu’elle est porteuse d’innovation, pour aller vers plus d’horizontalité.
  • Faire venir des gens de l’extérieur lors des réunions publiques pour avoir des avis contradictoires afin d’apprendre à mieux prendre en compte les personnes.
  • Faire du porte à porte pour mobiliser les femmes (et personnes éloignées) dans la participation citoyenne.
  • Inclure les habitant.e.s dans les processus de prises de décision des politiques locales.

ATELIER 2 : Quels bilans et espoirs pour le municipalisme en France à l’issue des municipales de mars 2020 ?

L’atelier a réunit 68 participant.e.s. Il fut l’occasion d’écouter les témoignages de Guillaume Gourgues, Maître de conférence à l’Université Lyon 2 et Sixtine Van Outryve, Doctorante à l’Université Catholique de Louvain.

L’atelier 2 est revenu sur l’expression d’un municipalisme à la française émergeant notamment à travers les candidatures aux élections municipales de mars 2020 de listes participatives et celles qui portent l’aspiration d’un municipalisme plus libertaire.
Ces municipalismes traduisent un mouvement de repolitisation et une réappropriation des enjeux à l’échelon local par les habitant.e.s. Ils reposent notamment sur une plus large participation citoyenne et de nouvelles pratiques politiques qui se distinguent de la professionnalisation politique actuelle.

Les points essentiels :

1/ Sociologie et représentativité :

  • Les résultats du premier tour du 15 mars dernier sont difficilement exploitables. Les expériences partagées montrent que malgré l’ambition d’une assise populaire plus large, la sociologie et la représentativité démographique de ces listes reste à travailler afin de ne pas se limiter à celles et ceux qui auraient le temps, le capital économique et social pour s’impliquer.
  • Il y a un véritable souhait de sortir de l’entre-soi, d’aller chercher les habitant.e.s qui sont exclu.e.s ou s’auto-excluent (invisibles), de s’ouvrir aux abstentionnistes, à de nouveaux électeurs.
  • Les espaces de débats ouverts par nombreuses listes participatives pendant la campagne ont été très rassembleurs, bien plus parfois que d’autres adossés à de grands partis politiques. Ces listes font désormais partie du paysage local et ont toutes à coeur de poursuivre ce travail de terrain.

2/ Rapport à l’État et à l’organisation institutionnelle :

  • Malgré une bonne capacité à s’auto-organiser et faire vivre des espaces de débat et de propositions à l’extérieur du champ institutionnel, les ambitions à s’auto-gouverner, la défiance vis à vis de l’État et la capacité à créer des institutions de démocratie directe sont aujourd’hui fortement contraintes par les structures institutionnelles en place. Les municipalités sont elles aussi des créations de l’État et nécessitent le recours à l’élection pour les remporter. L’organisation institutionnelle des intercommunalités limitent les pratiques démocratiques à cette échelle.
  • Ces discussions amènent aussi à interroger le rôle de l’État, la nécessaire révision de la décentralisation et soulèvent des réflexions autour d’autres formes d’organisations plus fédérales ou confédérales, la capacité à gérer les grandes questions sociales, garantir les principes de solidarité depuis d’autres échelles plus locales, etc.
  • La mise en place d’une démocratie directe, de mandats impératifs ou d’instances démocratiques hors l’institution et leur prise en compte dans les délibérations municipales, se heurtent à la légalité d’un système basé sur la démocratie représentative.

3/ Contre-pouvoir et minorité municipale

  • Le rôle de contre-pouvoir permet de retravailler le lien de confiance entre habitant.e.s et élu.e.s, s’assurer du respect de leurs engagements (élu.e.s obéissants) ou de mieux trouver sa place quand on est en minorité au sein du conseil municipal.
  • Finalement, être dans la minorité permet de se rapprocher des habitant.e.s, d’apporter un autre regard, de sortir de l’opposition frontale pour continuer à créer une dynamique autour d’espaces ressources parallèles (assemblées, espaces démocratiques) ou renforcer l’action municipale par une participation active aux commissions, délégations, etc.
  • Cela repose notamment sur un meilleur équilibre entre la structuration des listes et l’auto-gestion des citoyens, ou encore la mise en place d’assemblées (citoyennes, locales, populaires) ou espaces démocratiques extra-institutionnels.

4/ Changer les pratiques et les représentations politiques

  • La volonté de changer les pratiques politiques s’entrechoque avec les représentations d’un électorat qui continue à rechercher la figure d’un maire paternaliste, rassurant.
  • Elle s’est aussi durement confrontée à l’expression d’une violence politique extrêmement puissante et rodée de la part d’adversaires politiques aguerris ou dans le rapport aux partis politiques.
  • La naïveté des listes nouvellement engagées en politique les a exposé à cette violence, mais constitue également une force dans leur refus de perpétuer cette même violence et d’adopter une posture rassembleuse.
  • La communication autour des façons de faire, de la gouvernance des listes, ou la compréhension du terme “municipalisme” ont été difficiles vis à vis du grand public et des médias.
  • Les valeurs (démocratie de construction, transition écologique, justice sociale) et ces nouvelles pratiques ont été sources de curiosité, d’adhésion d’une population que les partis politiques ne touchent pas habituellement, voire même de transformation du tissu local militant.
  • Le travail de terrain et dans la durée d’autres expériences, notamment de communes rurales réélues après 6 années de mandat, rappelle que la confiance s’établit dans le temps.

Des pistes de solutions pour y répondre (non exhaustif)

  • Partager des expériences et modèles de schémas démocratiques municipaux pour trouver des propositions à réadapter selon les réalités de chacun.
  • Dynamiser des espaces démocratiques en dehors de l’institution municipale.
  • Poursuivre la dynamique de débat pour faire acculturation.
  • Engager des États généraux de la Démocratie Locale.
  • Pour les élu.e.s d’opposition : chercher des opportunités légales pour participer aux prises de décisions, avoir une participation active aux commissions, demander l’octroi d’une délégation, promouvoir le pouvoir d’agir des habitant.e.s sur de petits projets, ouvrir des espaces extérieurs à la municipalité pour appuyer l’équipe municipales, etc.
  • Renouer le contact avec les habitants à partir d’un travail de terrain, de porte à porte, de réunions publiques, de contre-journal municipal.

Parcourir les propositions de Provence Ecocitoyenne de stratégie commune de communication des listes citoyennes autour de la transparence sur l’attribution des fonds publics (filmées), referendum d’initiative communale sur les grands projets communaux, conseils municipaux citoyens et maires alternatifs.

Pour voir en replay l’intégralité de l’atelier 2

ATELIER 3: Qu’est-ce que la crise nous apprend des forces, des faiblesses et défis du municipalisme ?

L’atelier a réunit 50 participants. Il fut l’occasion d’écouter les témoignages d’Anne-Sophie Olmos (élue à municipalité de Grenoble et active aux Grenopolitains) et Vincent Liegey (essayiste, décroissant et coordinateur de Cargonomia à Budapest).

Face aux défaillances de l’État dans la gestion de la crise du COVID19, les municipalités se sont retrouvées en première ligne pour gérer la crise avec les habitants. Une multitude d’initiatives d’entraide et de solidarité ont alors émergées, soutenues ou non par des politiques publiques. Cet atelier n°3 avait pour objectif d’échanger, à partir de l’exemple de Grenoble et Budapest, pour envisager les forces, faiblesses et défis du municipalisme.

Les points essentiels :

1/ Cette crise confirme les idées municipalistes

  • Cette crise a fait émergé des réponses existantes des territoires et un passage de la théorie à la pratique sur les questions de décroissance, territoires, résilience.
  • La situation actuelle ouvre une brèche qui permet de renforcer le discours municipaliste (meilleur équilibre entre l’État et les territoires).
  • Tendance à l’entraide qui s’est renforcée avec des multiples initiatives en ce moment. Le schéma municipaliste renforce la possibilité de mettre en œuvre ces imaginaires, de « déconfiner » l’imaginaire.
  • Les services municipaux ont été en première ligne dans la gestion de la crise dans un contexte de défaillances de l’État.
  • Cette crise montre l’importance des services publics locaux et une meilleure gestion de la crise par les services municipaux que par des entités privées.
  • La crise confirme l’importance nécessaire de la résilience dans les territoires et de la place des communs.
  • La crise engendre des pratiques d’entraide et de coopération (exemples des couturières et actions de solidarité) : modèle horizontal de la contribution VS modèle d’exécution des directives données plus haut.
  • Les citoyens sont porteurs de nombreuses revendications qui doivent être soutenues par les municipalités (accès aux masques pour tous, moratoires des loyers, relocalisation…).

2/ Des défis & besoins communs

  • Nous sommes tous connectée.s aux mêmes problématiques en même temps, où que l’on soit dans le monde.
  • Une tension entre l’horizontalité des mouvements basés sur la démocratie permanente et le besoin de verticalité pour assurer une certaine efficacité.
  • Il y a un besoin de se mettre en réseau pour partager les réussites et les échecs, de maîtriser des communs, pour avoir plus de marges de manœuvre pour compenser les actions de l’État.
  • Besoin de documentation sur les initiatives, comme pratiqué dans les communs, de ces nouveaux services et nouveaux modèles d’économie qui émergent.
  • Communiquer sur les actions des équipes municipales (Exemples de Grenoble et Budapest)
  • Les villes peuvent être fragilisées dans la crise, notamment au niveau des finances locales. Construire des solutions dès maintenant pour lutter contre les futurs plans d’austérité.

Des pistes de solutions pour y répondre (non exhaustif)

  • Importance de laisser la place aux femmes, de faire émerger une rupture politique avec une volonté de changer le rapport au pouvoir, pour aller vers une posture patiente, constructive et de création de dialogue.
  • Faire le lien entre les citoyens et les institutions et plus globalement repenser la gouvernance des communs et la manière de vivre la politique.
  • Se centrer sur l’implication des personnes, partir du concret, des situations vécues par les habitant-es pour les impliquer dans la vie politique locale.
  • Construire de nouvelles alliances, partager des retours d’expériences entre communes (par ex de la même taille).
  • Soutenir les moratoires des loyers et des charges pour les habitants les plus en difficultés sans mettre en difficulté les bailleurs sociaux (prévoir un fonds de compensation garanti par l’État).
  • Remunicipaliser les questions liées à la santé (physique, mentale, sociale), qui ne sont pas pour l’instant forcément traitées dans les programmes municipalistes.
  • Penser un autre modèle économique (notamment pour les villes) non dépendant des multinationales et du tourisme de masse.
  • Réfléchir aux occupations des bâtiments vides et aux friches qui vont être engendrés par la crise économique.
  • Prévoir une relocalisation de l’activité économique, surtout par rapport à l’échec de la gestion de l’État (gestion de stocks, notion de risque).

*Co-organisation par Action Commune, Mouvement Utopia, Ateliers Populaires d’Urbanisme (Villeneuve Grenoble), Commonspolis, Pacte pour la Transition, La Belle Démocratie et l’Assemblée des Communs Grenoble.

Ces ateliers seront l’occasion de la publication d’articles plus complets que vous pourrez retrouver d’ici fin mai sur les sites et réseaux sociaux des organisations qui ont porté cet événement.

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