Soutien à l’installation du premier camp humanitaire à Grande-Synthe

mars 10 15:56 2016

Près de 1500 personnes exilées vivant dans un véritable bidonville et des conditions extrêmement insalubres déménageaient à partir de lundi 7 mars 2016 dans le premier camp humanitaire jamais créé en France. Mais les services de l’État n’ont cessé d’entraver cette action.

Un premier camp humanitaire français qui répond aux normes internationales

C’est un déménagement qui a été longuement préparé par les associations sur le terrain, à l’initiative de la Mairie de Grande-Synthe. Médecins Sans Frontière (MSF) a investi 2,6 millions d’euros et a pensé ce nouveau camp en collaboration avec Emmaüs, l’Auberge des migrants et toutes les associations mobilisées sur le terrain depuis des mois.

Le nouveau camp répond aux normes de l’UNHCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés). Environ 300 cabanes en bois de 4 places étaient déjà prêtes lundi. Sont installés également sur ce nouveau camp des douches et toilettes, ainsi qu’un ou plusieurs espaces de vie (cuisine, école…) sur un camp non clôturé.

Une Mairie qui pallie les manquements de l’État

Nous souhaitons saluer le courage d’un maire, de ne laisser personne mourir de froid sur son territoire, migrant-e ou non, et de défendre des conditions de vie décentes pour tou-te-s.

Le Mouvement Utopia s’est rendu sur l’ancien camp vendredi dernier et a pu constater les conditions déplorables et inhumaines dans lesquelles les personnes migrantes, hommes, femmes mais aussi enfants et bébés vivaient.

Si l’État se préoccupe tant des conditions de « sécurité » de ce nouveau camp, pourquoi ne s’est-il pas préoccupé du camp précédent, où plus de 2800 personnes s’entassaient dans la boue et le froid en décembre 2015 ?

Honte au gouvernement français et aux responsables, qui entravent l’aide humanitaire

Continuant à entraver le travail du maire de Grande-Synthe et des associations sur place pour que les migrant-e-s soient accueilli-e-s dans des conditions décentes face à l’urgence humanitaire, le préfet du Nord a « mis en demeure » le maire Damien Carême de rapporter son arrêté de sécurité permettant l’ouverture d’un nouveau camp de migrants dans sa commune.

Le Mouvement Utopia renouvelle avec conviction son soutien à l’action de la mairie de Grande-Synthe et des associations sur place, et il demande au préfet de retirer cette « mise en demeure » et que l’Etat accompagne le déménagement et l’installation dans ce nouveau camp.

Nous demandons aussi à l’Etat de prendre ses responsabilités et de prendre en charge le financement d’installation et de fonctionnement annuel du lieu.