Les Verts et Europe Ecologie : quelle forme donner à l’écologie politique?

mars 05 00:32 2010 Imprimer cet article

Contribution des Utopiens membres des verts au débat sur l’avenir d’Europe Ecologie :

La remise en cause du dogme de la croissance, de la consommation et de la valeur travail sont les grands enjeux que porte l’écologie politique. La transformation écologique de la société est inévitable, et ces changements ne peuvent s’effectuer qu’avec et par le peuple souverain. Or, force est de constater que le débat démocratique est confisqué, à droite comme à gauche, par les élites économiques, politiques, médiatiques, militantes. Les classes populaires ont déserté les syndicats, les partis. La volonté populaire est coupée de ses relais historiques, et a du mal à s’exprimer. Depuis sa création, Utopia a compris cette distance des individus face aux organisations politiques qui leur sont proposées. La moitié de nos adhérents ne se sont retrouvé dans aucun parti, les autres militent au Parti Socialiste, aux Verts, au Parti de Gauche, avec les Objecteurs de Croissance, au NPA, à la FASE. Ces différences nous permettent un dialogue riche et constructif. Par nature et par tradition, nous sommes favorables à une dynamique de rassemblement de toute la Gauche, dans les partis et hors des partis. Dans toutes les organisations où nos militants sont présents, nous défendons ces trois principes:

  • un fonds idéologique clair, articulé dans un programme de dépassement du capitalisme et du productivisme,
  • un fonctionnement et des pratiques démocratiques,
  • une ouverture maximale à la société civile et aux classes populaires.

Le déroulement de la campagne pour les élections régionales a laissé apparaître de sérieux manquements à ces trois principes tant chez Europe Ecologie que chez les Verts. Nous pensons qu’Europe Ecologie peut être le futur des Verts, à condition de se rassembler sur ces trois principes. Quelles seraient les actions à mener? L’écologie politique doit exister en dehors des campagnes électorales, et de la conquête du pouvoir institutionnel. Elle doit sans cesse enrichir sa réflexion, comprendre le monde et développer des alternatives concrètes. Nous appelons donc à ce que soient représentées dans les instances à venir des personnes qui ont d’autres ambitions que celle du pouvoir. Nous devons valoriser l’engagement associatif, les succès dans le développement d’alternatives concrètes, les avancées dans le domaine de la connaissance. Nous devons aussi respecter les différentes formes d’engagements. Les propositions écologistes commencent à intéresser les milieux populaires. Ces nouveaux militants, avec leur nouvelles pratiques, nous apportent une autre façon de faire de la politique, et nous en avons bien besoin. C’est grâce à leur apport que nous pourrons faire de l’écologie politique un vrai mouvement populaire. Cette question des nouveaux adhérents et militants est cruciale: nous devons nous engager résolument dans une « organisation de masse », ouverte à toutes les catégories sociales, et à d’autres formes d’engagements.

Barthélémy Brossel, Pierre Lucot, Charlotte Nenner, Sylvain Raifaud, Vincent Le Rouzic Membre du Bureau National d’Utopia, Militants Verts

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